jeudi 4 octobre 2018


Le silence

Un soleil rond et rougissant -
un envol de mouettes.
Le temps vécu hors du temps. Le silence
que nous aimons. Le silence
dans lequel nous nous aimons. Le silence
du poème dans lequel nous nous sommes rencontrés.
Le silence des non-dits. Car il n'y a véritablement rien à dire.
Le silence car les mots font trop de bruit et se résument
à une exaltation pathétique et maniaque. Le silence
de la résignation et de l'ennui. Une résonance réciproque.
Le silence, épaisse paroi du néant. Repos et abandon.
Sobre dessaisie de nous. Regard et peau, sexe et moiteur.
Ton corps et le mien à l'écoute. Le silence hors de moi,
hors de toi. Silence animal, inhumain. Silence lunaire.

jeudi 13 septembre 2018


Vertigo


Tendue dans un instant perpendiculaire. Le vertige de la verticalité. Un seul pouvoir.

Un refuge temporaire. Une parcelle de Moi  qui se dérobe. Je ne pense plus

que dans l'entre-deux et loge dans un vide – mon étrangeté singulière!

Telle une huître. Telle une pierre. Aucune pensée. Le vide.  L'apesanteur.

L'arrachement au Moi.  Perdue dans le tourbillon du béant. Néant. 

Les choses, les êtres et les mots effacés. Puis retournée. Revenue. Réincorporée.

Je redeviens fluide comme un fleuve fuyant sans cesse, sans cesse

changeant. Ni éblouie. Ni bluffée.  Toujours entre deux annulations. L'étrangeté.

L'absurdité. Le cours banal de nos vies. La quotidienneté qui abolit tout.

Une disponibilité intermittente. L'impulsion à penser trop. J'erre dans mes perceptions

et mes idées vagabondes, aux résonnances vertigineuses, sans habitat fixe.

Réouverture des plaies. Je nettoie. Je recouds. Je cautérise. Je panse.

Détachée de tout et en même temps toujours présente. Je ruisselle. Je me délie.

Je me dissous. Puis je m'envahis à nouveau, à l'improviste. J'emplis le vide. J'éponge

les sensations. Je m'émeus à tout venant. Je couvre mes cicatrices. Mon moi survit

toujours au dépassionnement. Pâle doublure de ma témérité acharnée. Je m'accroche.

Tenace. Je m'allège tel un papillon. Indifférente. Mes ailes emportent ce qui reste du Moi.

Je joue à l'emboîtement/déboîtement. Une poupée russe. Je vis à la verticale des images,

sertie dans les tous les horizons. Je m'invente une altérité.  Je m'éparpille tous azimuts.

Je me décolle de moi-même tel un grain de poussière qui quitte le sol, emporté par une rafale

de vent.  Passante  sur le trottoir gigantesque du monde.  Passagère dans un no mans land,

entre deux lieux, deux dogmes, deux crises, deux identités, deux religions, deux sexes,

deux ruses, deux hésitations, deux incertitudes, deux couardises, deux envolées. Passante

passagère, passante sans identité fixe. Clandestinité totale.

mercredi 5 septembre 2018

je vis dans un temps
sans temps

un silence opaque s'installe
au plus profond de moi

figée dans une présence verticale-
je me heurte à l'animalité

rompue à la banalité du quotidien
et à la vulgarité de la nature humaine

un profond silence, une incommensurable étrangeté ...

je ne suis de nulle part,
d'aucun espace
je suis hors-temps


dimanche 2 septembre 2018


jusqu'à ce que l'azur
impregne mes poumons
voguant sur la mer

Hosaku