mardi 20 janvier 2026

Errances

Je disparus pendant quelques jours.
La nuit de mon départ était sombre et ardente.
Dans l'obscurité, mes pas ne laissaient aucune trace. 
J'étais heureuse en cette nuit d'été.
J'aspirais des bouffées de parfum que le vent m'apportait et je marchais, presque insouciante.
Le chemin s'ouvrait à moi.
Je ne me retournais pas.
J'étais en paix. 
Je marchais à l'écart des routes.
Lorsque la fatigue m'envahissait, je m'assoupissais, de préférence sous un arbre.
Mon corps, enveloppé dans une douce torpeur, se ramassait sur lui-même et je dormais sans craintes, sans inquiétudes.
Mon sommeil était profond, lourd et apaisant, limpide et lisse comme une mer tranquille.
J'étais sans attaches, sans amarres.
Mon esprit désencombré, était dissout dans une sorte de coma profond, une amnésie presque totale.
Pendant le voyage, il m'arriva parfois d'être de nouveau innondée par des bouffées d'angoisse et de stupeur.
Mais cela ne durait pas longtemps.
Je m'arrêtais à la croisée d'un chemin et lentement, je reprenai mon souffle.
J'avais choisi la solitude, pour quelques jours.
Je marchais sur des chemins peu fréquentés, pas balisés.
Je vivais dans un état de rêverie et de paresse, heureuse de ne plus rendre de comptes à qui que ce soit.
Je m'appliquais dans l'exercice de l'oubli.
Les choses me traversaient désormais sans m'atteindr, sans laisser de blessures.
Les nuits étaient étoilées, douces et belles. 
L'été s'achevait sans se presser.
J'étais dépouillée de tout.
Je commençais à voir clair en moi-même.
Je venais du néant et j'allais vers l'inconnu.
J'éloignai de moi toute source d'inquiétude.
Les gens passaient sans s'arrêter, se dirigeant tous dans la même direction, toujours pressés.
Moi, j'allais lentement.
Après m'être dépouillée de tout, mon errance prît fin.
C'était aussi la fin de l'été.


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